Beaux comme un camion

Publié le par Aimelle

Sirènes

 

Il ne s’écoule pas cinq minutes sans qu’on en entende une. Ambulances, police, pompiers... Les plus sonores sont incontestablement celles du FDNY, autrement dit celles des pompiers.

Démonstration hier en début d’après-midi ; nous sommes, Lucie et moi, à l’angle de York et de la 77ème rue. Hurlements de sirènes. Deux camions rouges, rutilants – vous savez, ceux avec la grande échelle sur le toit, impressive,  du genre qui font rêver les petits garçons – stationnent déjà dans la rue, et d’autres arrivent sur York, de droite et de gauche.

 


(Photo Lucie Audigier)

 

En quelques instants, une cinquantaine de pompiers en tenue sont dans la rue ; et les renforts continuent d’arriver, de faire le tour du bloc en hurlant. On verra même, cinq minutes plus tard, un camion de la brigade du Spanish Harlem ! La rue est assez étroite, les camions ne peuvent facilement y entrer, et les voitures qui s’y engagent malgré tout gênent ; elles ont du mal à manœuvrer pour ressortir en marche arrière, et lorsqu’une part, une autre s’enfourne dans la nasse. Aucun véhicule de police ne règle les accès, bref, en cinq minutes, la pagaille est indescriptible, et les pompiers continuent à arriver, à sortir le matériel, à  se mettre en tenue, à descendre vers le garage d’où sort un peu de fumée…

Nous nous approchons ; impossible de voir ce qui se passe dans le garage (je reviendrai trois heures plus tard, pour photographier l’église à vendre, qui se trouve juste à côté ; rien ne laisse supposer qu’il y ait un quelconque sinistre) ; camions et pompiers en cohorte cachent la vue ; l’un d’eux est sur le toit du garage (une anomalie, c’est un bâtiment d’un seul étage !), deux investissent le sous-sol de l’immeuble voisin, et  il y a ceux qui attendent, assis sur leur camion, ou debout sur le trottoir ; les camions continuent à arriver – et à repartir  – les voitures à s’engager puis à reculer, une voiture de police, arrivée en renfort, stationne en travers de York. Début d’un superbe embouteillage.

Finalement, l’alerte cesse.

 

(Photo Lucie Audigier)


Strip-tease masculin : on retire les tenues de combat, pour ne conserver que les uniformes bleus, on allume un cigare, et l’on attend, en jouant les badauds…

 

(Photo Lucie Audigier)

 

Mais leur job n’est pas toujours une aussi joyeuse comédie ; ainsi, beaucoup moins amusant, le lourd tribut qu’ont déjà payé et que devront payer pompiers, sauveteurs et travailleurs qui étaient sur le site du World Trade Center ; on vient de détecter chez eux un taux anormalement élevé d’un cancer rare du sang, probablement dû à l’inhalation de substances toxiques qui se trouvaient dans les poussières des décombres.

 

 

 

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Publié dans Choses vues

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